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Comment
s’effectue le règlement d’un différend? haut de page
L’Organe de règlement des différends
(le Conseil général siégeant à un autre titre), composé de tous les membres
de l'OMC, est responsable en la matière. Il est seul compétent pour établir
des “groupes spéciaux” composés d’experts chargés d’examiner
l’affaire, et pour adopter ou rejeter les conclusions des groupes spéciaux
ou les résultats de la procédure d’appel. Il surveille la mise en œuvre
des décisions et recommandations, et est habilité à autoriser l’adoption
de mesures de rétorsion si un pays ne se conforme pas à une décision.
Première étape: les consultations (jusqu’à 60 jours). Avant
de prendre d’autres mesures, les parties au différend doivent discuter
entre elles pour savoir si elles peuvent arriver à s’entendre. Si ces
discussions n’aboutissent pas, elles peuvent aussi demander au Directeur
général de l’OMC d’intervenir comme médiateur ou de toute autre manière.
Deuxième étape: le groupe spécial (le délai prévu pour l’établissement
d’un groupe spécial est de 45 jours et le groupe a six mois
pour achever ses travaux). Si les consultations n’aboutissent pas, le
pays plaignant peut demander l’établissement d’un groupe spécial. Le pays
incriminé peut l’empêcher une première fois, mais lors d’une deuxième
réunion de l’Organe de règlement des différends (ORD), il n’est plus possible
d’y faire opposition (sauf s’il y a consensus contre l’établissement du
groupe spécial).
Le groupe spécial a officiellement
pour tâche d’aider l’ORD à énoncer des décisions ou recommandations, mais
comme son rapport ne peut être rejeté que par consensus à l’ORD, il est
difficile d’infirmer ses conclusions. Les constatations du groupe doivent
être fondées sur les accords invoqués.
Le rapport final du groupe spécial
doit en principe être communiqué aux parties au différend dans un délai
de six mois. En cas d’urgence, notamment lorsqu’il s’agit de produits
périssables, ce délai est ramené à trois mois.
Le Mémorandum d’accord énonce en
détail les procédures de travail des groupes spéciaux. Les principales
étapes sont les suivantes:
Avant la première réunion: chaque partie au différend expose par
écrit au groupe spécial ses arguments.
Première réunion — les arguments du plaignant et ceux de la défense:
le ou les pays plaignants, le pays défendeur, et ceux qui ont déclaré
avoir un intérêt dans le différend, présentent leurs arguments à la première
réunion du groupe spécial.
Réfutations: les pays concernés présentent des réfutations écrites
et des arguments oraux à la deuxième réunion du groupe spécial.
Experts: si une partie soulève des questions de caractère scientifique
ou technique, le groupe spécial peut consulter des experts ou désigner
un groupe d’experts chargé d’établir un rapport consultatif.
Avant-projet de rapport: le groupe spécial remet aux deux parties
les sections descriptives (éléments factuels et arguments) de son projet
de rapport et leur donne un délai de deux semaines pour présenter leurs
observations. Ce rapport ne contient pas les constatations et conclusions.
Rapport intérimaire: Le groupe spécial soumet ensuite un rapport
intérimaire comprenant ses constatations et conclusions aux deux parties,
qui disposent d’un délai d’une semaine pour demander un réexamen.
Réexamen: La phase de réexamen ne doit pas dépasser deux semaines.
Pendant cette période, le groupe spécial peut tenir d’autres réunions
avec les deux parties.
Rapport final: Un rapport final est transmis aux deux parties et,
trois semaines plus tard, il est distribué à tous les membres de l’OMC.
Si le groupe spécial conclut que la mesure commerciale incriminée est
effectivement contraire à un Accord de l’OMC ou à une obligation dans
le cadre de l’OMC, il recommande que la mesure soit rendue conforme aux
règles de l’OMC. Il peut suggérer comment procéder à cette fin.
Le rapport devient une décision: Le rapport devient, dans les 60
jours suivants, une décision ou recommandation de l’Organe de règlement
des différends, à moins qu’il n’y ait consensus pour le rejeter. Les deux
parties peuvent faire appel du rapport (et il est arrivé qu’elles le fassent
l’une et l’autre).
Appels haut de page
Chaque partie peut faire appel de
la décision d’un groupe spécial. Parfois l’une et l’autre le font. L’appel
doit être fondé sur des points de droit tels que les interprétations du
droit; il ne peut pas viser à obtenir le réexamen d'éléments de preuve
existants ou l’examen de questions nouvelles.
Chaque appel est traité par trois
des sept membres d’un Organe d’appel permanent constitué par l’ORD et
largement représentatif de la composition de l’OMC. Les membres de l’Organe
d’appel sont nommés pour quatre ans. Il doit s’agir de personnes dont
l’autorité est reconnue en matière de droit et de commerce international
et qui n’ont aucune attache avec une administration nationale.
L’appel peut aboutir à la confirmation,
à la modification ou à l’infirmation des constatations et conclusions
juridiques du groupe spécial. La durée de la procédure ne doit pas dépasser,
en principe, 60 jours, et en aucun cas 90 jours.
L’Organe de règlement des différends
doit accepter ou rejeter le rapport de l’Organe d’appel dans un délai
de 30 jours, le rejet n’étant possible que par consensus.
L’affaire a été
tranchée: que se passe-t-il ensuite? haut de page
Allez en prison. Avancez tout droit
en prison. Ne passez pas par la case “Départ”. Ne recevez
pas .... Non, sérieusement, cela ne se passe pas tout à fait ainsi mais
le principe est le même. Si un pays a commis une faute, il doit la réparer
sans tarder. Et s’il persiste à violer un accord, il doit offrir une compensation
ou subir une punition assez sévère.
Même une fois que l’affaire a été
tranchée, on peut encore agir avant que des sanctions commerciales (forme
classique de la punition) ne soient imposées. À ce stade, l’objectif prioritaire
est d’obtenir que le “défendeur” perdant mette sa mesure en
conformité avec la décision ou les recommandations. Le Mémorandum d’accord
précise que “pour que les différends soient résolus efficacement
dans l’intérêt de tous les membres, il est indispensable de donner suite
dans les moindres délais aux recommandations ou décisions de l’ORD [Organe
de règlement des différends]”.
Si le pays visé par la plainte perd,
il doit mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport
du groupe spécial ou le rapport de l’Organe d’appel. Il doit annoncer
son intention de le faire à une réunion de l’Organe de règlement des différends
tenue dans les 30 jours suivant l’adoption du rapport. S’il est irréalisable
pour ce pays de se conformer immédiatement à la recommandation, un “délai
raisonnable” pour le faire lui sera accordé. S’il ne s’exécute pas
dans ce délai, il doit engager des négociations avec le ou les pays plaignants
afin de trouver une compensation mutuellement satisfaisante, par exemple
des réductions de droits de douane dans des domaines présentant un intérêt
particulier pour la partie plaignante.
Si, à l’issue d’un délai de 20 jours,
aucune compensation satisfaisante n’a été convenue, la partie plaignante
peut demander à l’Organe de règlement des différends l’autorisation d’imposer
des sanctions commerciales limitées (“de suspendre ... l’application
de concessions ou d’autres obligations”) à l’encontre de l’autre
partie. L’ORD doit accorder cette autorisation dans les 30 jours suivant
l’expiration du “délai raisonnable”, à moins qu’il n’y ait
consensus pour rejeter la demande.
En principe, les sanctions devraient
être imposées dans le même secteur que celui qui fait l’objet du différend.
Si cela n’est pas possible ou efficace, elles peuvent être imposées dans
un autre secteur visé par le même accord. Si cela n’est pas non plus efficace
ou possible, et si les circonstances sont suffisamment graves, la mesure
peut être prise en vertu d’un autre accord. L’objectif est de limiter
autant que possible la probabilité que la mesure prise n’ait des répercussions
sur d’autres secteurs, tout en assurant son efficacité.
Dans tous les cas, l’Organe de règlement
des différends surveille la mise en œuvre des décisions rendues. Toute
affaire en suspens demeure à son ordre du jour jusqu’à ce que la question
soit réglée.
> Voir aussi
Négociations dans le cadre du Programme de Doha
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