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À l’origine: nécessité d’une intégration dans
le système commercial fondé sur des règles haut de page
Les idées et les connaissances
représentent une part de plus en plus importante du commerce. La valeur
des médicaments nouveaux et d’autres produits de haute technicité
tient surtout aux efforts d’invention, d’innovation, de recherche, de
conception et d’essai nécessaires à leur fabrication. Les films, les
enregistrements musicaux, les livres, les logiciels informatiques et les
services en ligne sont vendus et achetés pour l’information et la créativité
qui y sont incorporées, et non, en général, pour les matières
plastiques, les métaux ou le papier utilisés dans leur production.
Beaucoup de produits classés auparavant parmi les marchandises
techniquement peu élaborées doivent aujourd’hui une plus grande part
de leur valeur à l’invention et à la conception: c’est le cas, par
exemple, des vêtements de marque ou des variétés végétales nouvelles.
Les créateurs peuvent obtenir le
droit d’empêcher que d’autres utilisent leurs inventions, dessins et
modèles ou autres créations, et utiliser ce droit pour négocier une rémunération
en contrepartie de leur utilisation par des tiers. Ces droits, appelés “droits
de propriété intellectuelle” revêtent diverses formes: droit
d’auteur, par exemple pour les livres, tableaux et films; brevets pour
les inventions; marques de fabrique ou de commerce pour les noms de marque
et les logos de produits, etc. Les gouvernements et les parlements ont
conféré ces droits aux créateurs afin de les inciter à produire des idées
qui profitent à l'ensemble de la société.
Le degré de protection et de
respect de ces droits variait beaucoup d’un pays à l’autre; comme la
propriété intellectuelle joue désormais un rôle plus important dans le
commerce, ces différences sont devenues une source de tensions dans les
relations économiques internationales. L’élaboration de nouvelles règles
commerciales convenues au niveau international pour les droits de propriété
intellectuelle est apparue comme un moyen de renforcer l’ordre et la prévisibilité
et de régler les différends de manière plus systématique.
Le Cycle d’Uruguay a permis
d'obtenir ce résultat. L’Accord de l’OMC sur les ADPIC vise à atténuer
les différences dans la manière dont ces droits sont protégés de par
le monde et à les soumettre à des règles internationales communes. Il
fixe des niveaux minimums de protection de la propriété intellectuelle
que chaque gouvernement doit assurer aux autres membres de l'OMC. Ce
faisant, il établit un équilibre entre les avantages à long terme et
les coûts éventuels à court terme pour la société. Comme la
protection de la propriété intellectuelle encourage la création et
l'invention, la société en retire des avantages à long terme, en
particulier lorsque la période de protection arrive à expiration et que
les créations et inventions tombent dans le domaine public. Les
gouvernements sont autorisés à réduire les coûts à court terme par le
biais de diverses exceptions, par exemple pour s'attaquer à des problèmes
de santé publique. De plus, le système de règlement des différends de
l'OMC permet désormais de régler les différends commerciaux relatifs
aux droits de propriété intellectuelle.
L’accord porte sur cinq grandes
questions:
Comment les principes fondamentaux du système commercial et des
autres accords internationaux sur la propriété intellectuelle devraient
être appliqués
Comment assurer la protection adéquate des droits de propriété
intellectuelle
Comment les pays devraient faire respecter ces droits de manière
appropriée sur leur territoire
Comment régler les différends sur la propriété intellectuelle
entre les membres de l’OMC
Arrangements transitoires spéciaux appliqués pendant la période
de mise en place du nouveau système.
Principes fondamentaux:
traitement national, traitement NPF et protection équilibrée haut de page
Comme dans le GATT et l’AGCS, l’Accord
sur la propriété intellectuelle repose sur des principes fondamentaux.
Et, comme dans les deux autres accords, l’accent est mis sur la non-discrimination:
traitement national (égalité de traitement pour les ressortissants et
les étrangers), et traitement de la nation la plus
favorisée (égalité de traitement pour les ressortissants de tous les
partenaires commerciaux à l’OMC). Le traitement
national est aussi un principe clé d’autres accords sur la propriété
intellectuelle conclus en dehors de l’OMC.
L'Accord sur les ADPIC énonce un
autre principe important: la protection de la propriété intellectuelle
doit contribuer à l’innovation technique et au transfert de
technologie. Elle devrait profiter aussi bien aux producteurs qu'aux
utilisateurs et contribuer à l'accroissement du bien-être économique et
social.
Comment protéger la propriété
intellectuelle: des règles de base communes haut de page
La deuxième partie de l’Accord sur
les ADPIC porte sur différents types de droits de propriété intellectuelle
et sur la manière de les protéger. Il s’agit de faire en sorte que des
normes de protection appropriées existent dans tous les pays membres.
On part ici des obligations énoncées dans les principaux accords internationaux
conclus dans le cadre de l’Organisation
mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), bien avant la création
de l’OMC:
la Convention
de Paris pour la protection de la propriété industrielle (brevets,
dessins industriels, etc.)
la Convention
de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques
(droit d’auteur).
Certains domaines ne sont pas visés
par ces conventions. Dans certains cas, les normes de protection
prescrites ont été considérées insuffisantes. L’Accord sur les ADPIC
a donc permis d’y ajouter un grand nombre de normes nouvelles ou plus
rigoureuses.
Droit d’auteur haut de page
L’Accord sur les ADPIC prévoit
que les programmes d’ordinateur seront protégés comme les œuvres littéraires
en vertu de la Convention de Berne et indique comment les bases de données
devraient être protégées.
L’Accord étend aussi aux droits
de location le champ d’application des règles internationales en matière
de droit d’auteur. Les auteurs de programmes d’ordinateur et les
producteurs d’enregistrements sonores doivent avoir le droit
d’interdire la location commerciale de leurs œuvres au public. Un droit
exclusif similaire s’applique aux œuvres cinématographiques, dont la
location commerciale a conduit à la réalisation d’innombrables copies,
ce qui empêche les titulaires du droit d’auteur d’en tirer toutes les
recettes potentielles.
L'Accord dispose que les interprètes
ou exécutants doivent avoir le droit d’empêcher pendant au moins 50
ans l’enregistrement, la reproduction et la diffusion non autorisés de
leurs prestations en direct. Les producteurs d’enregistrements sonores
doivent également avoir le droit d’empêcher leur reproduction non
autorisée pendant 50 ans.
Marques de fabrique ou de
commerce haut de page
L’Accord définit quels types de
signes doivent bénéficier d’une protection en tant que marques de
fabrique ou de commerce, et quels doivent être les droits minimums conférés
à leurs propriétaires. Il dispose que les marques de service doivent être
protégées de la même manière que les marques utilisées pour les
marchandises. Les marques notoirement connues dans tel ou tel pays
jouissent d’une protection supplémentaire.
Indications géographiques
haut de page
Un nom de lieu est parfois utilisé
pour identifier un produit. Cette “indication géographique”
indique non seulement le lieu où le produit a été fabriqué, mais
aussi, et surtout, les caractéristiques particulières du produit, qui résultent
de son origine.
Les noms “champagne”, “scotch”,
“tequila” et “roquefort” sont des exemples bien connus. Les
producteurs de vins et de spiritueux sont particulièrement concernés par
l’utilisation de noms de lieux pour l’identification de ces produits,
qui font l’objet de dispositions spéciales dans l’Accord sur les
ADPIC, mais c’est aussi une question importante pour d’autres types de
marchandises.
L’utilisation d’un nom de lieu
alors que le produit a été fabriqué ailleurs ou qu’il ne présente
pas les caractéristiques habituelles peut induire les consommateurs en
erreur et aboutir à une concurrence déloyale. L’Accord sur les ADPIC
dispose que les pays doivent empêcher l’emploi abusif de noms de lieux.
Pour les vins et les spiritueux,
l’Accord prévoit des niveaux de protection plus élevés, c’est-à-dire
même lorsqu’il n’y a aucun risque que le public soit induit en
erreur.
Quelques exceptions sont autorisées,
notamment lorsque le nom est déjà protégé en tant que marque de
fabrique ou de commerce ou s’il est devenu un terme générique. Par
exemple, le mot “cheddar” désigne aujourd’hui un type particulier de
fromage qui n’est pas nécessairement fabriqué à Cheddar, au
Royaume‑Uni. Cependant, tout pays désireux d’invoquer une
exception pour ces raisons doit être disposé à négocier avec les
autres pays qui souhaitent protéger l’indication géographique en
question.
L’Accord prévoit de nouvelles négociations
à l’OMC en vue de mettre en place un système multilatéral de
notification et d’enregistrement des indications géographiques pour les
vins. Ces négociations font partie du Programme de Doha pour le développement
et incluent les spiritueux. La question de savoir s'il faut négocier
l'extension à d'autres produits de ce niveau de protection plus élevé
est également débattue à l'OMC.
Dessins et modèles industriels
haut de page
Conformément à l’Accord sur les
ADPIC, les dessins et modèles industriels doivent être protégés
pendant dix ans au moins. Les propriétaires de dessins protégés doivent
pouvoir empêcher la fabrication, la vente ou l’importation d’articles
portant ou comportant un dessin qui est une copie du dessin protégé.
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