
Les vendeurs hésitent
généralement à se battre contre leurs clients
La paix est en
partie la résultante de deux des principes fondamentaux du système
commercial: favoriser la liberté des échanges et offrir aux
pays un moyen constructif et équitable de régler les différends
portant sur les questions commerciales. La paix résulte aussi de la
confiance et de la coopération que le système engendre et
renforce sur le plan international.
L’histoire
regorge d’exemples de différends commerciaux qui ont dégénéré en
guerres. L’un des plus frappants est celui de la guerre commerciale
des années 30, où les pays ont à qui mieux mieux élevé des
obstacles au commerce pour protéger leurs producteurs nationaux et ont
pris des mesures de rétorsion face aux obstacles érigés par les
autres, ce qui a aggravé la grande dépression et a contribué en définitive
au déclenchement de la seconde guerre mondiale.
Juste après la
seconde guerre mondiale, deux faits nouveaux ont permis d’éviter la réapparition
des tensions commerciales antérieures. En Europe, une coopération
internationale s’est instaurée dans les secteurs du charbon et de la
sidérurgie. Au niveau mondial, l’Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce (GATT) a été signé.
Ces deux
initiatives ont été un succès, au point qu’elles ont pris une
ampleur considérable: l’une est devenue l’Union européenne,
l’autre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Comment cela
fonctionne-t-il ?
Disons, pour
schématiser,
que les vendeurs hésitent à se battre
contre leurs clients. En d’autres termes, si les échanges sont libres
et si les deux camps entretiennent des relations commerciales saines, la
probabilité d’un conflit politique s’en trouve diminuée.
Qui plus est, la
liberté des échanges commerciaux contribue à l’amélioration des
conditions de vie dans le monde entier. Si quelqu’un est prospère et
satisfait de son sort, il est aussi moins enclin à se battre.
Mais ce n’est
pas tout. Le système du GATT/de l’OMC contribue pour beaucoup au
renforcement de la confiance. Les guerres commerciales des années 30
montrent que le protectionnisme peut aisément précipiter les pays dans
une situation où tout le monde est perdant.
Le
protectionniste à courte vue considère qu’il est avantageux de défendre
certains secteurs contre les importations et oublie de se demander
comment les autres pays vont réagir. À plus long terme, en réalité,
une mesure protectionniste adoptée par un pays peut facilement pousser
les autres pays à prendre des mesures de rétorsion, provoquer une
perte de confiance dans la libéralisation des échanges et créer des
difficultés économiques sérieuses pour tout le monde, y compris les
secteurs initialement protégés. Chacun est perdant.
La confiance est
l’élément clé pour éviter ce genre de situation d’échec.
Lorsque les gouvernements sont sûrs que les autres n’érigeront pas
d’obstacles au commerce, ils ne sont pas eux-mêmes tentés de
le faire. Ils sont aussi beaucoup plus disposés à coopérer.
Le système
commercial de l’OMC contribue largement à susciter et renforcer cette
confiance. Des négociations qui débouchent sur des accords adoptés
par consensus, et la priorité donnée au respect des règles revêtent
à cet égard une importance particulière.
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