Étant donné que la majorité des Membres de l'OMC
sont des pays en développement, l'un des principaux axes de travail de
l'Organisation consiste à faire en sorte que ces pays tirent profit de
leur participation au commerce international et du système commercial
multilatéral.
L'Accord instituant l'OMC reconnaît qu'il
est nécessaire de faire des efforts positifs pour garantir que les
pays en développement, et en particulier les moins avancés d'entre
eux, participent à la croissance du commerce international. Cette
nécessité est réaffirmée dans la Déclaration ministérielle de Doha de
2001, point de départ des négociations commerciales multilatérales
actuelles. Ces négociations, connues sous le nom de Programme de Doha
pour le développement (PDD), constituent le cœur de la contribution
apportée par l'OMC à la réalisation des OMD.
L'Accord instituant l'OMC reconnaît qu'“il est nécessaire de faire des
efforts positifs pour que les pays en développement, et en particulier
les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du
commerce international qui corresponde aux nécessités
de leur développement économique”
Au fil des années, l'ouverture des échanges a considérablement
contribué à améliorer la participation des pays en développement à
l'économie mondiale. Le graphique 1 montre que de 1990 à 2008, le
volume des exportations des pays en développement a augmenté de façon
continue, plus rapidement que les exportations des pays développés ou
de toutes provenances, tout comme la part des exportations des pays en
développement dans la valeur des exportations mondiales totales. À
titre d'exemple, entre 2000 et 2008, le volume des exportations des
pays en développement a presque doublé, tandis que les exportations
mondiales n'ont augmenté que de 50 pour cent (comme l'ensemble du
monde, les pays en développement ont vu leurs exportations reculer en
2009, en raison de la crise financière et économique mondiale).
Graphique 1: Volume des exportations des pays développés, des pays
en développement et des économies en transition: 1990-2009 (Index, 2000=100)
Le commerce entre les pays en développement,
appelé commerce Sud Sud, a également connu une croissance marquée: la
part des exportations des pays en développement destinée à des pays en
développement est passée de 29 pour cent en 1990 à 47 pour cent en
2008 (voir graphique 2).
Graphique 2: Exportations des économies en
développement par destination, 1990 et 2008 (en milliards de dollars EU et pourcentage)
Source: Estimations du Secrétariat de l'OMC
De fait, même pendant la récente crise économique, la baisse de la
valeur des exportations des pays en développement a été moins
importante que celle des exportations des pays développés. À titre
d'exemple, par rapport au premier trimestre de l'année 2007, les
exportations des pays en développement et des pays développés ont
reculé de 28 et 35 pour cent respectivement au cours du deuxième
trimestre de l'année 2009.(1)
En outre, la valeur des exportations des pays en développement a
commencé à diminuer seulement au troisième trimestre de l'année 2008,
tandis que pour les pays développés cette tendance s'est amorcée un
trimestre plus tôt. Il faut également souligner que les exportations
des pays en développement ont mieux résisté à la crise, comme en
témoigne leur reprise plus soutenue. Par exemple, au quatrième
trimestre de 2009, la valeur des exportations des pays en
développement a de nouveau atteint son niveau du troisième trimestre
de 2007, alors que la valeur des exportations des pays développés
atteignait seulement son niveau du premier trimestre de 2007.
Cependant, tous les pays en développement ne participent pas de façon
égale au commerce international. Le graphique 3 illustre la
répartition par région des exportations des pays en développement.
L'Asie est sans conteste la plus importante région exportatrice du
groupe des pays en développement, avec une part dans les exportations
mondiales qui est passée de 10 pour cent en 1990 (335 millions de
dollars EU) à 21 pour cent (2 603 millions de dollars EU) en 2009. En
revanche, la part de l'Afrique dans les exportations mondiales reste
la plus faible: 3 pour cent en 1990 tout comme en 2009. À l'instar de
l'Afrique, l'Amérique latine et le Moyen Orient n'ont pas vu leur part
dans les exportations mondiales augmenter de façon significative entre
1990 et 2009. Parallèlement, la valeur des exportations de ces trois
régions a effectivement augmenté sur cette période. Les exportations
de l'Afrique, par exemple, sont passées de 106 millions de dollars EU
en 1990 à 379 millions de dollars EU en 2009. Quant aux exportations
des PMA, elles représentaient seulement 2,8 pour cent de la valeur des
exportations des pays en développement en 2009. Cette part n'a
pratiquement pas évolué depuis 1990, bien que les exportations des PMA
aient bel et bien augmenté en valeur, passant de 18 millions de
dollars EU en 1990 à 125 millions de dollars EU en 2009.
Graphique 3: Part des économies en développement dans la valeur des
exportations mondiales, par région: 1990 à 2009 (pour cent)
Source: Estimations du Secrétariat de l'OMC.
Les efforts doivent être accentués,
notamment en matière de réduction des obstacles au commerce, si l'on
veut garantir une plus large participation des pays en développement
au commerce international. Il s'agit d'un point particulièrement
important compte tenu de la relation entre le commerce et la
croissance économique.
L'aboutissement du Cycle de Doha
représenterait un grand pas en avant. Grâce à l'incidence considérable
qu'il aurait sur l'ouverture des échanges et sur le renforcement des
disciplines dans des domaines tels que celui des subventions, les pays
en développement bénéficieraient d'opportunités importantes pour
augmenter leur part du commerce mondial, et seraient alors mieux en
mesure d'utiliser le commerce comme moteur de croissance, de
développement et de réalisation des OMD.